Le tirage au sort précède de loin le jeu d'argent : il servait d'abord à partager des biens et à trancher des différends.
L'astragale, petit os du tarse du mouton, constituait le premier générateur aléatoire. Sa forme irrégulière donnait quatre faces de probabilités inégales. Le dé cubique, déjà présent en Mésopotamie, lui a succédé en égalisant les chances.
Les cartes à jouer apparaissent en Chine sous les Tang, puis en Europe à la fin du quatorzième siècle. Les enseignes françaises, pique, cœur, carreau et trèfle, s'imposent au quinzième siècle parce qu'elles se gravent plus simplement.
Cardan rédige vers 1560 un traité sur les jeux de dés qui contient les premiers calculs de probabilités. En 1654, l'échange entre Pascal et Fermat sur le partage des mises d'une partie interrompue en fixe les bases.
Le Ridotto de Venise, ouvert en 1638 par le Grand Conseil, est le premier lieu de jeu placé sous contrôle public. Il ferme en 1774. Les casinos de villes d'eaux, de Baden-Baden à Monte-Carlo, prennent le relais au dix-neuvième siècle.